mai 28
28 mai - Les bouillons du Chaudron
Le Chaudron, plein à craquer, bouillonna à gros bouillons. Certains d’Essoyes étaient revenus, certains reviendront demain au Maquis de Vareilles, promis. Et puis comme on se rapproche de Paris, on se donne rendez-vous avec d’autres pour un autre chaudron, que j’aime tant : le théâtre de l’Européen, le 7 juin, pour la 19ème étape. On me promet aussi de souffler consciencieusement vers l’ouest, jusqu’au 21 juin. La somme des ces centaines de souffles, cueillis soir après soir depuis deux semaines, finira-t-elle par faire un grand vent arrière qui me propulsera jusqu’à Ouessant ? Sûrement. Cette journée à Auxon avait un avant-goût d’estival festival : ronde de bénévoles préparant la soirée, bouquets que l’on cueille et dispose, tentes et grandes tablées que l’on dresse, barbecues qui s’allument, fébrile impatience partout perceptible. Cela, sous la sémillante prunelle d’un Michel Joubert toujours en verve. Le Festival en Othe (http://www.festivalenothe.org) entame sa dix-neuvième édition, dix-neuf ans à tisser des chansons et des mots dans ce beau territoire, au plus proche de ceux qui y vivent. Un goût de la proximité, de l’intimité et de l’inattendu qui nous a rapproché, comme ce fut le cas avec Fleur des Chants en Meurthe-et-Moselle et Chants de Gouttière dans la Haute-Marne. Petit rat des champs, je me sens comme un poisson dans l’eau de ces campagnes. Elle me plait et m’élargit, cette tournée vélocipédique qui patiemment égrène quelques noms de villages inconnus des autres villages : à Marmesse, ils ne connaissaient pas Auxon qui eux-mêmes n’avaient jamais ouï les doux noms de Clinchamp, Vaucourt, ou Quelven qui m’attend plus loin. Loin des grandes autoroutes, des collections de villes phares dites incontournables, j’ai enfin le sentiment de tracer un sillon bien à moi. Je l’ai retrouvé, le sens.


