mai 28 2009

28 mai - Les bouillons du Chaudron

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00

Le Chaudron, plein à craquer, bouillonna à gros bouillons. Certains d’Essoyes étaient revenus, certains reviendront demain au Maquis de Vareilles, promis. Et puis comme on se rapproche de Paris, on se donne rendez-vous avec d’autres pour un autre chaudron, que j’aime tant : le théâtre de l’Européen, le 7 juin, pour la 19ème étape. On me promet aussi de souffler consciencieusement vers l’ouest, jusqu’au 21 juin. La somme des ces centaines de souffles, cueillis soir après soir depuis deux semaines, finira-t-elle par faire un grand vent arrière qui me propulsera jusqu’à Ouessant ? Sûrement. Cette journée à Auxon avait un avant-goût d’estival festival : ronde de bénévoles préparant la soirée, bouquets que l’on cueille et dispose, tentes et grandes tablées que l’on dresse, barbecues qui s’allument, fébrile impatience partout perceptible. Cela, sous la sémillante prunelle d’un Michel Joubert toujours en verve. Le Festival en Othe (http://www.festivalenothe.org) entame sa dix-neuvième édition, dix-neuf ans à tisser des chansons et des mots dans ce beau territoire, au plus proche de ceux qui y vivent. Un goût de la proximité, de l’intimité et de l’inattendu qui nous a rapproché, comme ce fut le cas avec Fleur des Chants en Meurthe-et-Moselle et Chants de Gouttière dans la Haute-Marne. Petit rat des champs, je me sens comme un poisson dans l’eau de ces campagnes. Elle me plait et m’élargit, cette tournée vélocipédique qui patiemment égrène quelques noms de villages inconnus des autres villages : à Marmesse, ils ne connaissaient pas Auxon qui eux-mêmes n’avaient jamais ouï les doux noms de Clinchamp, Vaucourt, ou Quelven qui m’attend plus loin. Loin des grandes autoroutes, des collections de villes phares dites incontournables, j’ai enfin le sentiment de tracer un sillon bien à moi. Je l’ai retrouvé, le sens.


mai 28 2009

Une jolie petite interview à lire et écouter!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 8:30

Un petit tour?

C’est par ici!

http://www.les-enchanteurs.com/interviews/interview-david-sire-2009.htm


mai 27 2009

Mercredi 27 mai 2009

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00


Hier soir j’ai rencontré : un reporter philosophe, un vigneron qui ne s’en laisse pas conter, un homme blessé, un antilibraire. On s’est éclairé à l’halogène de chantier- heureusement j’ai emporté quelques gélatines -, et le spectacle s’est fini en compagnie d’un petit bonhomme de 5 ans « monté » sur scène aux côtés de Bidule ; il a sagement tenu ma boîte aux lettres d’apprenti postier, le temps d’un Ours fredonné à l’unisson. C’était un peu comme à la maison, concert au salon, au milieu des objets de la vie quotidienne. La Villa de l’Extra. Ensuite on a bu quelques coupes de champagne du vigneron, ce qui m’a permis de poursuivre la trajectoire œnologique commencée avec le Riesling à Strasbourg. Plus tard, quelques mots en direct avec Eric Lange, « Allô la planète ? », sur France Inter. Raconter quelques bouts, forcément parcellaires. Au matin, j’ai pris congé de mon hôte pianiste, Jacky Champagne. Tony l’antilibraire m’a retrouvé trente kilomètres plus loin, on a cassé la croûte à Chaource, il m’a offert le repas, quelques pistes de lectures et surtout deux petits écrits, dont le gigantesque – non par sa taille - texte de Stig Dagerman : Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Je vais le relire, je me souviens que le premier contact m’avait laissé le cœur béant. Pour les curieux, l’antilibraire nous en raconte un peu ici : http://antilibraire.free.fr. Tout cela n’est pas pour me déplaire, surtout s’il s’agit avant tout, de s’amuser. Après j’ai rallié Auxon, au pays d’Othe. J’y suis accueilli par une foule (métaphorique) en délire (métaphorique) constituée de deux joyeuses majorettes, elles-mêmes métaphoriques. Demain, le Festival en Othe, qui battra son plein début juillet, fait sa soirée de lancement, j’y aurai belle place, dans un petit volcan au doux nom de Chaudron.


mai 26 2009

Journée du 26 mai

Tag: Missive du jourDavid Sire à 16:00

Serpentins entre les gouttes ce matin. L’Aube remplace la Haute-Marne au bout de quelques kilomètres. Forêts touffues, un peu mystérieuses. Il n’y a guère que 36 kilomètres pour rallier Essoyes, mais le vent d’ouest est de la partie, comme jamais depuis le départ. Peu m’importe. J’ai décidé de filer la métaphore. Strasbourg-Ouessant à vélo volant, à contrepied des vents dominants. Qu’ils soient bien réels comme ce matin, ou bien culturels, politiques et économiques. Ces cinq semaines patientes, d’est en ouest, prennent peu à peu conscience d’autre chose que de leur seul geste troubadour. Elles écrivent aussi, à grands coups de mollets et de paroles – souvent balbutiantes, et le revendiquant -, un refus de la vitesse, de l’accumulation, du chiffre et de la norme. Refus des supertrucs er superstructures. Refus joyeux et ferme de tous ces ogres contemporains. Je ne veux pas être une boite. Je veux garder mes terrains vagues. Oui. C’est ce que je médite, en serpentant tout doux, têtu et entêté devant ce grand vent d’ouest.


mai 25 2009

Lundi 25 mai - Relâche à Marmesse-plage

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:32

Relâche à Marmesse-plage. Pour la première fois depuis dix jours, je laisse reposer le bitume saltimbanque. Il est doux de s’arrêter, aussi. Je profite de ce radieux lundi chez Marie-Rose (la dite Mimi, granuleuse voix de contralto et prunelle bien campée) et Jean-Paul. On devise à l’ombre, dans l’eau de l’étang, à table. Depuis le départ, je n’ai cessé de rencontrer des personnes comme eux, humanistes militants. Peut-être le mouvement attire-t-il le mouvement. On se réveille mutuellement. J’égrène dans ma tête ces visages et prénoms déjà nombreux rencontrés depuis Strasbourg. Heureux. Dans la matinée j’ai requinqué et rafistolé la boîte de Pablo Pares, l’empailleur de bulles de savon qui me confectionna l’an dernier ce si joli tabernacle mis à la proue de mon vélo : deux cuisses et une tête, le tout pédalant sous le scintillement de quelques diodes. Pour qui s’interroge sur l’empailleur de bulles de savon, c’est ici : http://www.pablo-pares.com . Cela m’a valu de rencontrer un autre sculpteur, qui plus est un sculpteur de géants, filiformes poèmes d’acier ; Michel Boussard m’a prêté main forte pour l’opération en question. Pour qui s’interroge sur les filiformes poèmes d’acier, c’est ici : http://www.michelboussard.com . Ce soir je reprends mes habitudes culinaires et engloutis trois assiettes de spaghettis en prévision de la suite. Demain je bascule au cœur du champagne, Essoyes, Villa de l’Extra, rue de l’Extra. Puis Auxon, Vareilles, Combs-la-Ville, déjà bientôt Paris, le mi-chemin.

Une histoire de Bidule…


mai 25 2009

25 mai - Bidule est à l’horizon

Tag: Missive du jourDavid Sire à 9:00

Aujourd’hui 25 mai, au 384ème kilomètre du Strasbourg-Ouessant,
pendant que je pédale et cavale et dévale,
Bidule & l’horizon vient de paraître.

Vous trouverez ce nouvel album : partout !

Pour fêter la chose en compagnie joyeuse,
rendez-vous pour la 19ème étape du « Strasbourg-Ouessant à vélo volant » :

DIMANCHE 7 JUIN à 17 H
à L’EUROPÉEN

3 rue Biot 75 017 PARIS
M° Place de Clichy

Réservation recommandée : http://www.leuropeen.info / FNAC et points de vente habituels

Tarif unique : 14.5 €
Tarif enfant - 12 ans : 9.5 €

N’hésitez pas à venir en famille et avec vos klaxons, le bidule s’y prête bien.

Sinon, le troubadour est sur les routes depuis le 15 mai, cette deuxième tournée à vélo durera jusqu’au 21 juin, elle est déjà fabuleuse, allez donc en humer quelques parfums ici : http://blog.davidsire.com.

Et si vous souhaitez pédaler quelques kilomètres en ma compagnie, vous savez où me trouver : quelque part entre Strasbourg et Ouessant, mais aussi ici : contact@davidsire.com


mai 24 2009

Dimanche 24 mai

Tag: Missive du jour, la vidéo/pensée du jourDavid Sire à 23:00

Il a bien fallu quitter le petit paradis de Clinchamp, se promettant d’y revenir bientôt. Départ aux aurores, le spectacle de ce jour est à 16 H et 60 kilomètres. Avanti ! Escorte nombreuse : Yves Amour mon hôte de la veille, Alain un de ses amis, Aurélie et Fred sur leur tandem. Le dit tandem bifurquera quelques minutes plus tard, avec un peu d’émotion nos chemins se séparent, on a passé trois jours heureux ensemble. Yves et Alain me laissent également un peu plus loin. Me revoilà seul. Pas pour longtemps. A la sortie du Puits-de-Mèzes, allongé sur le talus, philosophant la tête plongé dans les feuillages, m’attend Luc, 83 ans et autant de kilos. J’ai fortement pensé au poète Jacques Réda et son Herbe des talus, mon livre de chevet. Avec son vélo électrique « le Luc », comme on l’appelle ici, va m’accompagner un bon bout de chemin, bientôt on est rejoint par deux autres cyclistes, FX et sa fille, de l’association Chaumont à vélo. Luc nous conduit chez Jacques, Jacques nous offre un délicieux champagne maison, le soleil cogne, la fin d’étape (à nouveau en solitaire) est un peu bouillonnante…  Marmesse. Deuxième escale haut-marnaise, toujours par l’entremise de Fred Castel et de Chants de Gouttière. Mimi, mairesse communiste a œuvré avec lui et donc aujourd’hui je chante dans la petite église du village. L’an dernier, le concert sanctifiant fut à Lignières lors du Festival l’Air du Temps. Rebelote religieuse qui n’est pas pour me déplaire. Sur la Poulie Chinoise, je demande aux enfants, aux saints des vitraux et aux statues de se boucher les oreilles. Certains décollent les mains assez vite, devinez qui. Après cette messe de saltimbanque, on va se plonger dans les étangs qui sont ici une trentaine, on ripaille, truculents, autour d’une grande tablée, Mimi lance les assiettes à dessert telles des soucoupes volantes (tradition familiale), je suis un peu éberlué. Après dix jours ininterrompus de bicyclette et de spectacles, demain c’est relâche, alors je relâche aussi.


mai 23 2009

Samedi 23 mai - Pub, bidules et Haute-Marne

Tag: Missive du jour, la vidéo/pensée du jourDavid Sire à 23:00

Après cette incursion vosgienne, direction la Haute-Marne. Nous voilà rattrapés au bout de deux kilomètres par la médecin de Contrexéville qui vient m’offrir une plaque de chocolat pour mes bons, loyaux et poétiques services d’hier soir. Cela nous vaudra une indication d’itinéraire un peu aléatoire et par conséquent : une côte chevronnée à deux chevrons, huit kilomètres de chaos sur un bitume ancestral, mais une magnifique traversée en forêt par la ligne de crête, sans rancune donc. Le tandem est toujours là, je mets à exécution mon plan promotionnel et les voilà recouvert d’affiches « en roue libre », recto verso. Les vaches restent assez stoïques, impénétrables à cette trouvaille marketing. Par contre, arrivée triomphale à Clinchamp : sous les vivats d’une bonne douzaine de joyeux lurons, champagne, interview à la brosse à cheveux par l’une, Bernard Dimey déclamé par l’autre. Cette première escale en Haute-Marne promet. Je mets enfin un visage sur le nom de Frédéric Castel, principal artisan de mon passage ici. Depuis quelques jours, ses deux enfants ont appelé leurs doudou : Bidule. Début d’un grand succès ! Mes hôtes du jour portent le doux nom d’Amour, et le portent bien. Une nouvelle fois, le temps de quelques heures et de dizaines de bras, la salle communale va se métamorphoser en un petit théâtre. Un paysan prêtera des bâches d’ensilage pour pouvoir faire le noir, des bouquets de fleurs des champs surgissent, on monte quelques projecteurs, les cuisines s’activent. Les tandémistes sont d’efficaces assistants, faut dire qu’ils en sont à leur troisième spectacle. Ce soir encore, je raconte mon histoire de Géant et de Clandestin à une petite centaine de paires d’yeux. Et les yeux s’allument. Et je me couche ivre de fatigue et de rencontres.


mai 22 2009

22 mai - Contrexéville

Tag: Missive du jour, la vidéo/pensée du jourDavid Sire à 23:00

Quand je bois Contrex je zig-zag mieux!

La bicyclette appelle la bicyclette. Mon premier compagnon de route fut donc Pierre hier. Ce matin, c’est une accorte escorte à quatre jambes qui me porte vers les portes de Contrexéville : un tandem bruxello-parisien est en effet apparu hier soir au concert de La Neuveville devant Bayon. Elle, Aurélie, lui, Fred. Il y a quelques temps, ils avaient goûté aux douces chinoiseries de Drôle de Sire, et les voilà qui profitent de ce pont de l’Ascension pour venir humer le pourquoi du bidule. L’entente est immédiate, discrétion et goût de la route partagés, nous voilà donc parti pour trois bouts d’étape en trio. D’ici à Marmesse, je compte bien les habiller en tandem sandwich avec les affiches de la tournée, je pense qu’on va faire un tabac auprès des vaches. La grisaille du matin se métamorphose de kilomètre en kilomètre, on termine l’étape à grandes tartines de crème solaire. Le tandem à ceci d’étonnant qu’il attire une sympathie immédiate du clampin qui le voit passer. On klaxonne à tout rompre sous les yeux en bille des villageois. Les villages en question forment un chapelet de nom en –court, à toutes les sauces. On a croisé un lapin, un renard, des rapaces et des fourmis. A la MCL de Contrexéville, le Rout’Art est un lieu à part : la scène est un bout de route, la régie dans le capot d’une 2 CV, le bar une camionnette. Installation, préparation, réglages lumières. Encore une brochette d’enfants au spectacle ce soir. Les effets manifestement diurétiques de la Contrex leur font prendre la route des toilettes à tour de rôle. Je m’amuse à un poursuivre un ou deux. Encore une fois, on joue beaucoup, je rassure leurs fourmis dans les jambes en leur indiquant la durée moyenne du spectacle, soit 7 H 32. La porte du petit lieu grinçant à tout va, cela nous vaudra par moments un concert en porte majeure, dixit Jean-Pierre Fournier, le moustachu et bonhomme directeur de la MCL. Après le spectacle on a devisé le temps d’une bière chez Pipo le sicilien. On est bien. Je repense à l’Ours, chanté tous ensemble à la fin du spectacle, cet instant-là m’émeut toujours un peu. A mon allure, le nez dans la Grande Ourse qui me sert de galure.


mai 21 2009

21 mai - Laneuville devant Bayon

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00

Ce matin, Pierre, mon hôte de la veille, me guide sur les onze premiers kilomètres. C’est bien agréable de papoter un peu. Mais ce jeudi de l’Ascension ne va pas faire mentir son nom. L’étape est pourtant l’une des plus courte de la tournée (35 kilomètres) -sauf si l’on considère comme étapes les trajets parisiens qui me feront aller des Trois Baudets au Limonaire, du Limonaire au Zic Zinc, du Zic Zinc au Pères Populaires, des Pères Populaires aux Invalides (fête du vélo), des Invalides à l’Européen. Bref, les coteaux du Bayonais  ont la côte dure. A Saint-Remimont, nouveau comité d’accueil, cycliste cette fois-ci. Il y a même un petit Barthélémy, quatre ans, sur son vélo à roulettes. L’orage menace, la dizaine que nous sommes pique-niquons à l’abri d’un grand hangar, au milieu d’immense moissonneuses Massey Ferguson, nos bicyclettes paraissent rikiki à côté. Quatre kilomètres pour rejoindre ensuite Laneuveville devant Bayon, escale du jour. En deux heures de temps, le foyer rural se retrouve changé en salle de spectacles, sous les regards curieux et intrigués d’une ribambelle d’enfants.A 16h, je voulais faire géant. Le spectacle de ce jour est dans la droite ligne de celui de Vaucourt, avant-hier, plein d’impulsions. De plein pied, je me fonds délicieusement dans le public, qui me le rend bien. Après lapremière chanson, une petite voix spontanée jaillit : “elle était très belle ta chanson David Sire…” Le genre d’inattendu qui vous laisse sourire bée. J’explique aux enfants qui se tortillent que le spectacle dure 7h32, il n’y a donc pas lieu de s’impatienter. L’issue de ce concert me laisse un peu ému. Trois jours en compagnie de la Lorraine et de Fleur des Chants auront été comme une petite tournée dans la tournée. chez Raphaël Watier, mon hôte du jour, on fête cela à la mirabelle locale, distillée par le maire, un délice de plusieurs dizaines de degré. Heureusement, avant, j’ai englouti au moins 450 grammes de spaghettis bolognaise. Demain Contrexeville.

Un p’tit lien! Psssit allez voir :  Raphaël Watier - http://www.maralocaba.net


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