juin 11 2009

Courrier de Bidule - Petits dessins de grands artistes

Tag: Missive du jourDavid Sire à 13:20


juin 10 2009

Le 10 juin Mainvilliers

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:48


Il y a des voix qui intriguent et dont on se demande le visage. Dominique François est de ceux-là, depuis plusieurs mois que nous échangeons par téléphone pour ourdir une belle étape à Mainvilliers. Lui, c’est finalement une sorte de cuisinier culturel, un cuistot de l’humain, et le repas concocté me fera oublier toutes les gouttes qui ont chanté un incessant plic-ploc aujourd’hui. A une quinzaine de kilomètres de l’arrivée donc, j’ai rendez-vous, place de l’église de Jouy, avec les juniors du cycloclub de Mainvilliers, fameux dans la région. Une quinzaine de benjamins m’escortent ainsi, pour certains c’est même la première sortie sur route, ils sont excités, se lancent dans des sprints de bonifications à l’entrée de chaque village, ils appellent ça le jeu des panneaux. Ils ont fini par me semer, ma mulette allant l’allure que l’on sait. Mais petit pied de nez, une erreur de trajectoire les conduira après moi à l’arrivée d’étape, salle de la Vaillante. Je conserve donc mon maillot jaune. A l’arrivée donc, petit goûter – ils ne se font pas prier, razzia sur les gâteaux -, au son d’une musette locale (club d’anciens venus taquiner le parquet hebdomadaire). Je plante mon décor, au milieu de tulles blancs, ce soir je partage la scène avec une pièce de théâtre qui jouera après mes bidules. A nouveau beaucoup d’enfants. Le début du spectacle en voit un jouer les petits trublions, je dégaine mon rouleau de gaffeur et le menace du châtiment suprême, mais c’est l’intervention maternelle qui aura un réel effet. Malgré la hauteur d’où j’officie (la scène culmine à un mètre cinquante, configuration d’anciennes salles des fêtes), la jonction des sourires se fait vite et l’intimité fait le reste. Ce soir je sentais bien mes jambes tout en claquant mes onomatopées, faut dire qu’en plus de la pluie, le vent de face, soutenu, est entré dans la danse. Le vif du sujet. Avec mon hôte-cuisinier au regard si vif, on a englouti un kilo de tagliatelles dans les coulisses, en devisant sur des qu’on aime bien, Loïc Lantoine y a eu bonne part. Couché ivre de fatigue, je rêve déjà à ce qui m’attend demain : la grande, mystérieuse et intrigante BarAque, à Nogent-le-Rotrou.


juin 09 2009

9 juin - Paris, Trappes & surprises!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00

Paris-Trappes. Trente-trois kilomètres en forme de slalom bruyant et humide dans les méandres de l’urbain. La côte de Meudon – que je ne connaissais pas – je m’en souviendrai. A Versailles, je frôle le château et d’hilares japonais que je salue, pouët-pouët, les voilà encore plus hilares. De Versailles à Trappes, je dégote une piste cyclable salvatrice, mais pas vraiment bucolique, elle longe la D10 devenant vite la N10, ça déboule. A peine arrivé au Grenier à Sel où je jouerai ce soir, j’abandonne mon cirque ambulant, et avec juste une guitare je pars rencontrer trois classes de primaire à la médiathèque. Je ne m’attendais pas à ce qui allait suivre. C’est un moment précieux que je garderai longtemps intact. La quarantaine d’enfants (8-10 ans) est plus qu’au fait de ce périple. Car mon voyage a été prétexte à des séances de géographie, de français, de musique. Et les voilà qui entonne avec moi, sans coup férir, l’intégralité du « Bouchon », dont on ne peut pas dire que le texte soit des plus simples… Une quinzaine d’autres me font une version intégrale de « Dans la Lune », on improvise un petit spectacle. Les questions fusent, j’en cueille un bouquet d’une petite centaine, ça n’arrête pas. On me demande ainsi ce que je fais de ma famille pendant ce temps là, pourquoi j’ai quelques tâches blanches dans ma barbe, pourquoi j’ai choisi de faire cette tournée à vélo, pourquoi il y a des gros mots dans mes chansons, comment je me lave et si même je me lave. On rit. Je leur parle, aussi justement que possible, de cette liberté que je cherche, que j’espère, que je mouline en la cheminant. Ce fut un échange fabuleux. Je repars avec une vingtaine de dessins librement inspirés de ce voyage. Leur imaginaire me désarçonne. Le soir j’en ai accroché quelques-uns sur mon fil à linge, au Grenier à Sel. Me voilà bien réchauffé pour quelques jours.


juin 07 2009

7 juin - L’Européen!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 20:30

19ème étape à l’Européen. Il y a quatre ans, on y avait installé durant une semaine la bicoque de Drôle de Sire, j’en garde un beau souvenir. Aujourd’hui, c’est en solo et à vélo que je reviens. L’Est est déjà derrière, Paris le sera demain, l’Ouest reste à faire. Les vents contraires vont sans doute se renforcer, et moi m’obstiner en démultipliant autant qu’il le faudra. L’an dernier, c’est du hall de l’Européen qu’était partie la première vadrouille, Paris-Sète à bicyclette. J’étais dans un état second d’inquiétude et d’excitation, tout était à découvrir. Aujourd’hui, je suis plus serein, c’est vrai. Un peu de temps, pas mal de kilomètres et beaucoup de rencontres ont passé depuis l’an dernier. J’ai retrouvé du sens à mon travail. Du goût. De l’imaginaire. Et dans ce grand chaudron rougeoyant qu’est l’Européen, je gonfle un nouveau Bidule, je raconte un Géant, je pousse le Bouchon, déploie mon poisson-parapluie, mon alambic et mes horizons.  Mardi, je reprends la route. Après huit jours intra muros je me trouve ave de fourmillantes fourmis dans les jambes, et dans la tête. Je demande à tous de me souffler dans le dos, et l’on partage un Ours à voix réunies. “Moi je suis juste un ours, je vais à mon allure, le nez dans la grande ourse qui me sert de galure”.


juin 06 2009

6 juin - Fête du vélo!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 19:13

À la Fête du Vélo, place des Invalides, j’ai fait une courte et frigorifique apparition. Paris refroidie s’humidifie depuis deux jours. Partenaire de cette trajectoire est-ouest, le comité de promotion du vélo m’a invité pour une coïncidence qui ma foi, tombait bien. Au village de la fête du vélo, on croise tout un tas d’objets roulants aux formes incongrues, des vélos customisés, des vélos requins, des vélos géants et des vélos nains. Sur un petit podium, j’ai dressé gazelle et mulette, donné quelques chansons, chanté aux Invalides, comme Johnny et quelques autres, poète en vélo de fonction vous dis-je !

http://www.feteduvelo.fr/


juin 05 2009

5 juin - ZicZinc!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:12

Ce vendredi était le Ziczinc avec, toujours : le chien du lieu, impassible lécheur de ukulélés ; l’Antoine, prunelle chevelue et patron fidèle de ce navire-chavire ; les figures généreuses des habitués pour qui cet ici est un peu un ailleurs. Deuxième maison. On a commencé à peu et fini à plein. Mes chers tandémistes d’il y a quinze jours me font la surprise d’une nouvelle apparition. On clôture ainsi cette troisième semaine sur la route de Ouessant. Après le spectacle, pour sortir l’attelage d’un Ziczinc devenu plein, il a fallu évacuer le comptoir, bref tout ce petit monde me chantonne que ce n’est qu’un au revoir, évidemment, et sur le trottoir de la rue Saint Maur, accolade générale à défaut de tournée, je klaxonne un dernier coup, poète en vélo de fonction nocturne, et plonge vers la suite.


juin 05 2009

4 juin - Paris-chapelet!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 18:30

Trois baudets, Limonaire, Pères Populaires. Ce soir Zic zinc. J’égrène mon petit chapelet parisien. Dans la rue, les regards ne sont pas les mêmes qu’à Marmesse, Vaucourt ou Auxon. Ici, un type avec un vélo bariolé et une carriole immatriculée « Ma mulette », on regarde ça d’un œil un peu louche, condescendant parfois, un brin moqueur, rarement amusé ou immédiatement sympathique, sauf Boulevard de Belleville où quelques uns me demandent s’il est possible de faire un tour de carriole. Paris laisse peu de temps et d’espace, ça grouille, ça urge et on se demande pourquoi. Les étapes sont courtes, cette semaine plafonnera à soixante kilomètres en tout et pour tout, et s’il n’y a pas le vent de face, il y a ces yeux parfois contraires, c’est un peu pareil. Et pareil, je persiste, et résiste, allez zou, mouvement contre fermeture. Chaque halte est une oasis. Le Limonaire a encore une fois tenu ses promesses, j’espère qu’un lieu comme celui-là ne cessera pas, qu’on le fera durer, jusqu’à l’horizon. Aux Pères populaires, j’avais un peu peur. Grand lieu, grand bar, tout en longueur, bruissant, bruyant. Sur la scène de fortune, j’ai monté l’attelage, raconté mon histoire, rassemblé quelques uns, tenu bon en entier et jusqu’au bout. Ça faisait longtemps que je n’avais joué dans pareil bistro. Mais la rencontre a eu lieu, et même sacrément. J’ai même été surpris de ce qui est sorti de moi hier soir. Homo adaptabilis. Au pied de la scène, on a ensuite bu et devisé quelques bières avec une joyeuse équipe bien au fait des années Drôle de Sire, ça chantait Fripouille et Poulie Chinoise à tue-tête. Après, j’ai rallié ma bicoque nocturnement, Paris à minuit c’est bien plus doux qu’à la sortie des bureaux. En laissant couler l’avenue de la République, j’ai pensé à la diversité de cette tournée. Salles des fêtes, festivals, foyer rural, église, bar, Européen, vingt projecteurs, pas de projecteurs, nature florissante, ville saturée, symphonie d’oiseaux, symphonie d’autos, solitude, rencontres par centaines, beau temps, mauvais temps, plat, vallonné. Et j’ai pensé que tout ça ressemblait étrangement à la vie.


juin 03 2009

3 juin - Gazelle et mulette à Paris

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:45


Me voilà donc intra muros. Le télescopage en est un. Bruits. Regards. Vitesse. Métal. Je me fraye tant bien que mal un passage au milieu d’un Paris moite et fourmillant. Dimanche matin, je l’ai atteint par le bois de Vincennes, c’était calme. Mais hier, mardi, pour rejoindre les trois baudets, la remontée de Magenta, puis Barbès et Pigalle, fut une autre paire de manche. Aux trois baudets, donc, on cause un peu de ce périple et du cousinage sémantique entre le baudet et la mulette. On a appelé ça une conférence de presse, mais ce fut surtout une confidence de près… Bien sympathique au demeurant. En quittant les lieux, photo de famille avec la moto fulgurante de Julien Bassouls, à la barre de ce beau bateau depuis peu ressuscité. Je rallie le Limonaire, où je joue ce soir. Je ne fais plus le compte des heures passées sur la micro-scène de ce si bon lieu. J’ai réussi à y loger mon attelage au grand complet, c’est un peu serré, mais je repense à l’époque où tout Drôle de Sire  y officiait, cinq larrons imbriqués comme ils le pouvaient, on se donnait mutuellement de petits coups de manches et d’archets et de baguettes. Ce soir donc, au bistro des saltimbanques, j’en serai un. Jouer. Oui, jouer. J’aime bien ça, jouer. Comme un enfant.


mai 30 2009

30 mai - Aux franges de Paris

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00

Aux portes de Combs-la –Ville, je passe sous la N 104, rugissante, vrombissante. Les petites routes blanche empruntées ce matin (je ne prends que de la blanche) se sont densifiées. Les autos vont être mes nouveaux compagnons pour les huit prochains jours, faudra patienter pour retrouver vaches et tracteurs. A Combs-la-Ville, Julien Quentin, de la MJC l’Oreille Cassée, me guide en moto escorte jusqu’à la médiathèque. Une pimpante équipe et une pimpante Cécile m’y reçoivent, j’ai déployé mes tréteaux roulants dans un petit forum miniature. On y passe un beau moment, intime, joyeux, et aujourd’hui aussi, rythmé par un doux ronflement, décidément, un petit garçon, encore, est tombé chez Morphée, pouf, au milieu du spectacle. Bidule aurait-il des vertus sophrologiques ? Mystère et boule de gomme. Ensuite, Philippe Meyer a fait des siennes. Il se trouve que l’an dernier, suite au passage des Verres Fumés dans la Prochaine fois je vous le chanterai sur France Inter, une paire d’oreille avait fait tilt, deux paires d’oreilles étaient du coup venues à l’Européen pour le prologue de Paris-Sète à bicyclette ; et ce soir, voilà donc cinq paires d’oreilles qui m’accueillent chez elles pour un gîte impromptu et un festin de saveurs. Deux petites blondinettes bondissent partout, excitées comme deux puces, demandant toutes les minutes « où il est David Sire, où il est ? ». J’ai droit à un dessin-portrait, un scoubidou, un paquet de sourires. C’est ainsi que j’ai passé une délicieuse soirée chez Céline et Ludovic, quelque part aux franges de Paris, à la Varenne Jarcy. Merci Meyer !


mai 29 2009

29 mai - Sens

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00

Sens. Le panneau d’entrée de la ville du même nom fut photographié l’an dernier. C’était la deuxième étape du Paris-Sète à bicyclette. Petit rituel poursuivi cette année depuis le départ de Strasbourg, à chaque arrivée d’étape donc, photo du panneau. Quant à celui de Sens, il flotte chaque soir accroché à cette queue de comète qui poursuit ma carriole, fil à linge improbable où sèchent à l’unisson : carte IGN, chaussettes, maillot jaune, photos, dessins, aquarelle du grand-père. Et Sens, au beau milieu, pour donner le la. Ce soir, je fais halte au Maquis, Vareilles, à quelques encablures de là. Et demain je couperai la trajectoire de l’an dernier. Paris-Sète, Strasbourg-Ouessant, sorte de signe de croix géographique grandeur nature. En parlant de maillot jaune, j’ai tout à l’heure traversé un village nommé « Le Champion », forcément j’y ai rejoué un instant quelques grandioses arrivées du Tour de France, sous les yeux impassibles d’une basse-cour en liberté, mon seul public. Au Maquis, arrivée sous escorte vélocipédique, et devant le café-concert, une cousine de Mulette : aux couleurs du Maquis (rouge et or) une pimpante petite charriote venue nous accueillir. J’aime bien ici. Tout est à vendre, café brocante chaleureux et vivant. La première fois où j’y ai joué, j’avais troqué mon cachet contre deux chaises et un fauteuil. Pour des raisons évidentes, cette fois-ci je m’abstiendrai. Au concert, bien du monde, et surtout le retour d’un petit Pierre, rencontré l’an dernier à l’étape d’Auxerre. Pierre, six ans et des brouettes, plus connu sous le nom de Pamplemousse, étant donné qu’à chaque fois qu’il vient m’écouter, il se colle un troisième œil en plein milieu du front : une ovale étiquette de pamplemousse. Son frère est également venu, même signe de ralliement. Petit frérot plus jeune aussi et qui se mettra à ronfler comme une locomotive au beau milieu du spectacle. Au moins il n’aura pas entendu les licencieuses paroles de la Poulie Chinoise… Demain, retour en civilisation.


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