juin 11 2009

Il y a des voix qui intriguent et dont on se demande le visage. Dominique François est de ceux-là, depuis plusieurs mois que nous échangeons par téléphone pour ourdir une belle étape à Mainvilliers. Lui, c’est finalement une sorte de cuisinier culturel, un cuistot de l’humain, et le repas concocté me fera oublier toutes les gouttes qui ont chanté un incessant plic-ploc aujourd’hui. A une quinzaine de kilomètres de l’arrivée donc, j’ai rendez-vous, place de l’église de Jouy, avec les juniors du cycloclub de Mainvilliers, fameux dans la région. Une quinzaine de benjamins m’escortent ainsi, pour certains c’est même la première sortie sur route, ils sont excités, se lancent dans des sprints de bonifications à l’entrée de chaque village, ils appellent ça le jeu des panneaux. Ils ont fini par me semer, ma mulette allant l’allure que l’on sait. Mais petit pied de nez, une erreur de trajectoire les conduira après moi à l’arrivée d’étape, salle de la Vaillante. Je conserve donc mon maillot jaune. A l’arrivée donc, petit goûter – ils ne se font pas prier, razzia sur les gâteaux -, au son d’une musette locale (club d’anciens venus taquiner le parquet hebdomadaire). Je plante mon décor, au milieu de tulles blancs, ce soir je partage la scène avec une pièce de théâtre qui jouera après mes bidules. A nouveau beaucoup d’enfants. Le début du spectacle en voit un jouer les petits trublions, je dégaine mon rouleau de gaffeur et le menace du châtiment suprême, mais c’est l’intervention maternelle qui aura un réel effet. Malgré la hauteur d’où j’officie (la scène culmine à un mètre cinquante, configuration d’anciennes salles des fêtes), la jonction des sourires se fait vite et l’intimité fait le reste. Ce soir je sentais bien mes jambes tout en claquant mes onomatopées, faut dire qu’en plus de la pluie, le vent de face, soutenu, est entré dans la danse. Le vif du sujet. Avec mon hôte-cuisinier au regard si vif, on a englouti un kilo de tagliatelles dans les coulisses, en devisant sur des qu’on aime bien, Loïc Lantoine y a eu bonne part. Couché ivre de fatigue, je rêve déjà à ce qui m’attend demain : la grande, mystérieuse et intrigante BarAque, à Nogent-le-Rotrou.


















