juin 24 2009

24 juin 2009 - Un poème grandeur nature

Tag: Missive du jourDavid Sire à 12:30

Au pied de l’église de Lampaul, île d’Ouessant, j’ai éteint le compteur ce dimanche 21 juin, vers 11 H. J’étais profondément ému, le cœur et les yeux mouillés, heureux, fourbus. Après 1370 kilomètres d’est en ouest, j’ai donné sur cette place de village un trente deuxième et ultime spectacle. Parti le 15 mai de Strasbourg, après avoir fait halte dans des théâtres, festivals, MJC, café-concerts, chapiteaux, petits et grands lieux, j’ai ainsi fini en vrai troubadour, ce qui n’a pas été pour me déplaire. Puisque c’est ce que je cherche. Et trouve. Cette deuxième trajectoire, en roue libre, m’a parfumé de liberté et d’humanité. Comme l’an dernier (Paris-Sète à bicyclette), j’y ai écrit, géographiquement, un poème grandeur nature.

J’y ai vu naître, jour après jour, un sens profond à mon métier d’artiste et d’artisan. J’y ai écrit une liberté joyeuse dont je refuse farouchement d’être dépossédé. En moulinant cette grande et singulière ligne vers l’horizon, j’affirme sans ambages le refus de toutes les aliénations qui opèrent dans le champ artistique. Je ne veux pas être une boîte, je veux garder mes terrains vagues. Je pense urgent et vital d’affirmer et de (re)construire la liberté de nos espaces-temps personnels. Car la liberté appelle la liberté, le mouvement appelle le mouvement. Et le mouvement est la vie. Je l’ai vu, goûté, entendu, perçu.

Il y eut quelques feux d’artifices inoubliables : une fabuleuse et ludique arrivée d’étape à Rennes, fomentée par les Ateliers du Vent, digne d’un Tour de France ; le concert donné sous le chapiteau boisé de la BarAque à Nogent le Rotrou, je m’y suis trouvé saltimbanque, l’homme de cirque qui nait peu à peu en moi depuis quelques années y trouvait un écho d’une justesse prometteuse. Surtout, soir après soir, il y eut toutes ces étincelles allumées dans les milliers de prunelles que j’ai croisées trente sept jours durant. Particulièrement dans les yeux des enfants, et de ceux qui le sont restés.

Il y eut quelques peurs et fatigues, mais bien peu finalement. Dopé à l’humain et à la poésie, j’ai métamorphosé l’adversité quand elle soufflait son vent de face ou me pleuvait sa pluie tenace. Et l’on apprend que le pire n’est pas forcément une nécessité.

Le plus inattendu fut cette rasade de whisky, offerte par une cinquantenaire en verve, au bord de la route, à dix heures du matin. Après m’avoir dépassé en voiture, elle s’arrêta, me fit de grands moulinets du bras et m’arrêta idem. Vous êtes le chanteur à vélo ? Oui. Ah, merveilleux, je vous ai entendu hier sur France Inter, merci de faire ce que vous faîtes, et allez, hop, à la vôtre. Ça ne se refuse pas, même à dix heures du matin au cœur des monts d’Arrée.

Ce chemin ne procède pas d’une ruse narcissique, ni d’une maligne envie de faire parler de soi. Et s’il pouvait en avoir initialement quelques scories, il s’en est ébroué en route. Non, ce chemin a quelque chose de l’expérience initiatique, du face à face métaphysique avec la question de sa propre liberté. Que faire de cette vie d’homme et d’artiste ? Un poème vivant et joyeux, semeur de joie et de liberté. Si je prends la parole, si cette route suscite la parole, c’est pour porter témoignage. Le reste, le minus, le méchant, le jaloux, le râleur, le sédimenté, l’emprunté, l’actuel, le branché, le vendeur, le chiffre, l’ogre, tout cela ne m’intéresse plus. Seules comptent la liberté et l’altérité. Je n’en suis qu’au début. Alors je vais continuer cette route. L’horizon jamais, sauf peut-être à la toute fin, ne s’éteint.


juin 21 2009

Île d’Ouessant!!!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 13:12

Comme l’an dernier, cela s’achève donc par un grand plongeon dans les flots. Bicyclette et mulette chargées sur le bateau, la terre n’est plus ferme, ça ballotte d’une drôle de manière. Au Conquet, unique escale entre Brest et Ouessant, une première surprise, deux visages bien connus, les premiers que je connus d’ailleurs, mes parents sont venus me faire cadeau de leur présence pour cette arrivée ensoleillée. Merci. Et voilà Ouessant. Lande. Rochers. Trois ultimes kilomètres pour rallier le débarcadère au bourg de Lampaul. Beaucoup d’émotion sur mon petit vélo, beaucoup d’images, et de paysages, et de visages qui voltigent à l’intérieur. Et voilà. J’ai éteint le compteur au kilomètre 1370. Après trente sept jours de chemins, me voici  à l’horizon. Sur la place, au pied de l’église, je remonte une dernière fois mon petit cirque ambulant, tel ce troubadour que je deviens peu à peu. La placette se remplit, ils sont presque deux cents à écouter l’histoire du géant, à rencontrer Bidule, à se rappeler que la tête ne se bouche pas, que l’amour, le sourire et les autres, sont la vie. Mes parents m’ont offert un bouquet de fleurs des champs. Fleurs des Chants, de l’autre côté, là-bas en Meurthe et Moselle, aux premiers kilomètres. Alors, encore une fois, égrener le chapelet désormais complet : La Friche Laiterie à Strasbourg, le Point d’Eau à Ostwald, la fête du vélo à Strasbourg, l’oncle d’Amérique à Urmatt, ces trois belles Fleurs des Chants : Vaucourt, Gerbeviller & la Neuveville devant Bayon, la M.C.L. de Contrexéville, la salle communale de Clinchamp, l’église de Marmesse, la Villa de l’Extra à Essoyes, Auxon et son Chaudron, Vareilles et son Maquis, la médiathèque de Combs la Ville, Paris & ses Trois Baudets, son Limonaire, ses Pères Poupulaires, son Ziczinc, sa Fête du Vélo, son Européen, le Grenier à Sel et les enfants chantants deTrappes, la Vaillante à Mainvilliers, la fabuleuse BarAque de Nogent le Rotrou, le Carnet de Routes à Alençon, la quiétude d’un Beaurivage à Mayenne, le coquelicot de Fougères, Rennes aux Ateliers du vent, Rennes au Sablier, le Thy’Roir de Ploërmel, les Anges de Quelven, Mod’All à Carhaix, la fête de la musique à Brest, les doux pommiers du Dreff, et tout au bout : Ouessant. Du fond du cœur, merci à vous tous et à chacun, vous qui, jour après jour, m’avez soufflé vers l’Ouest. Le mouvement est la vie. Le mouvement est la liberté. Il reste l’horizon. Je continue.


juin 21 2009

21 juin - La mer…

Tag: Missive du jourDavid Sire à 11:47


juin 20 2009

19 & 20 juin, le grand sprint final !

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00

19 juin

Trois départements. Troquer d’abord le Morbihan pour une brève incursion dans les Côtes d’Armor, puis toucher enfin au Finistère. A Cléguérec, pause café, puis double café, rebelote offerte, quelques mots dans le Télégramme et Ouest France me valent cette largesse. Ici au bistrot, tous se serrent la main. J’ai retrouvé un bout du canal de Nantes à Brest, mais le revêtement est moins roulant, je l’abandonne peu après avoir déjeuné, face à Notre Dame de la Pitié, petite chapelle isolée au creux de ce canal. Je rejoins Carhaix, après une séance photo impromptue avec un homme du métier, envoyé par une agence parisienne, ça lui vaut un mini-concert roulant sur l’ancienne voie de chemin de fer reconvertie en piste cyclable. A Mod’All, les livres recouvrent une moitié de l’espace, café-librairie tenue par une Laure vive et volontaire. Elle fut une des premières à entrer dans la danse de cette tournée lorsque je commençai à fureter, début janvier, en quête de lieux, d’étapes, de rencontres et d’imaginaires. J’installe mon petit décor au pied d’une vaste cheminée dont le linteau, de guingois, ressemble à ce que j’aime. Le guingois. J’y déploie, tout doucement, mes histoires de trajectoires. Le spectacle se conclue par une joyeuse tablée, autour d’un colombo de porc fameux. Quelques amis sont là, que l’on retrouve, grandis de quelques années ou quelques mois. Avant d’aller dormir, ultime coucou avec Eric Lange sur France Inter. Ce dernier appel va me valoir une drôle de surprise le lendemain matin.

20 juin

Ayant matinalement basculé du haut des monts d’Arrée, j’aperçois peu après une voiture arrêtée sur le bas-côté, feux de détresse et grands moulinets du bras. Je freine, stoppe, bonjour. Elle s’appelle Maryvonne et me demande si c’est moi le « chanteur à vélo ». Oui. Touchée par ce que l’on se disait hier soir dans Allô la planète, elle voulait juste me le dire. Merci. Mais ne s’en tient pas là. Car ils sont une soixantaine de joyeux drilles (sic) à entamer ce matin une dégustation de whisky, à Commana. C’est sur ma route, mais l’on comprendra que je décline. On se salue donc, à la revoyure, bonne fin de tournée, bonne dégustation. Mais ne s’en tient toujours pas là ! Quelques kilomètres plus loin, au rond-point de Commana, la revoilà, bouteille de whisky en main et petit verre à dégustation. Je ne puis décliner, et me voilà donc à trinquer à 10 H 18 du matin. Ça réchauffe. Corps et cœur. Je rallie Plougastel, face à Brest. Lieu dit, Le Dreff, chez Hubert et Marine, amis de longue date, connus à Paris dans cette antre-repaire, taverne une fois chantée : y’a du bois, de la pierre, des tuyaux, des sorcières, y’a la vie qu’on culbute, à l’Art Brut. Ce soir, dans leur jardin, l’avant dernier spectacle de la tournée se jouera sous la voûte de trois pommiers déjà bien chargés. Mais avant cela, direction Brest, place de la Liberté, scène du même nom, pour fêter la musique avec mes bidules. Hier on était quinze à Mod’All, nous voilà quelques centaines, avec tout le grand attirail des scènes de plein air. Entre deux groupes régionaux bien wattés (rock, puis hard-core hurlant), je plante ma demi-heure de bidules, ouatés. Et hop, le grand sprint final continue, retour au Dreff, installation sous les pommiers, et c’est reparti pour un tour. La nuit est peu à peu tombée, on a fini sous les étoiles, allumé un grand feu et chanté encore, ceux qu’on aime entendre. La nuit sera courte, demain matin, le bateau pour Ouessant part à 7 H 45. Merci Hubert et Marine, et vous tous qui furent de la partie pour cet humain bref Dreff.


juin 18 2009

18 juin - Aux Anges

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:50

Distrait, je me suis farci un petit tour de Ploërmel sans m’en rendre compte, six kilomètres préliminaires qui se rajouteront à d’autres distractions, si bien qu’au lieu des 60 escomptés,  je clôturerai la journée avec 75 bornes dans les pattes. L’équivalent en pâtes se chiffre à 300 g. Mais une heureuse surprise géographique me fera passer trois heures délicieuses sur le chemin de halage du canal de Nantes à Brest. Goudronné dans le secteur, ce chemin serpente au creux de la Bretagne, gros arbres centenaires en bordure, pêcheurs impassibles à l’idem clopot, nénuphars, têtards égarés et limaces que l’on finit par écraser tant leur nombre est grand. Les écluses s’enchaînent, chapelet de petits noms. Du coup l’allure est bonne, j’ai déjoué pour quelques temps la côtue Bretagne. Je rallie ainsi Pontivy, persuadé d’être bientôt arrivé. C’était sans compter sur l’inévitable ascèse qu’exige tout accès au paradis. Car pour accéder aux anges, il faudra bien sûr monter, et monter, et monter encore, je n’en finis pas d’arriver. Finalement le clocher de la basilique Notre Dame de Quelven pointe, un dernier effort me pose tout la haut, Aux Anges donc. Francis, aussi dégarni que je suis chevelu, et Marine, libraire à Pontivy (« Rendez-vous n’importe où », un bien joli nom pour une librairie), sont les deux instigateurs de cette étape au milieu des nimbes. Leur sourire me requinque, le parfum du lieu aussi, je pressens une bien bonne soirée. Banco. Sur la petite scène, déployer une nouvelle fois l’attelage, de la proue (la boîte de l’empailleur de bulles de savon) à la poupe (la queue de comète où sèchent quelques bouts de ce voyage et de ma tête). Douche, goûter, quelques étirements, respirer quelques minutes sans plus rien bouger, et hop, repartir une nouvelle fois sur l’horizon du Bidule. On est nombreux, heureux, joyeux. L’inattendu se glisse dans le spectacle, comme je l’aime, un chien me rejoint fort à propos au beau milieu des onomatopées ; derrière moi accrochée, une femme  peinte, lascive et dévêtue me lorgne tout du long, je finis par lui chanter une Poulie Chinoise qui ne pouvait trouver meilleure partenaire. Et à la fin, comme chaque soir, je finis par faire un peu plus grand. Au début du spectacle, j’avais les cuisses encore chaudes de la route. A la fin, j’étais, oui, aux anges.


juin 17 2009

17 juin - Thy’Roir VS boîte à Bidule!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:30

On n’a pas fait dans la dentelle pour quitter Rennes, la route de Lorient a beau avoir un aménagement cyclable, elle reste une quatre voix ronflantes de semi-remorques. Vite bifurqué vers le vallon de la Chèze. La route serpente au dessus des eaux retenues par un barrage. A Plélan-le-Grand, casse-croûte routier avant d’aller frôler la forêt de Paimpont, Brocéliande n’est pas loin. La moindre échoppe dans les villages traversés porte un nom du cru : Taverne de Merlin, Café du Roi Arthur, Au Relais de la Table Ronde. Le mythe fait commerce. Les innombrables pépiements d’oiseaux sont ponctués de quelques boums incongrus, ce sont de saints homonymes qui s’entrainent à tirer sur je ne sais quelle cible joujou, ma route traverse en effet le camp de St Cyr-Coëtquidan. Boum, boum, attention ne pas pénétrer, danger de mort, je veux bien le croire, boum boum. Je rallie Ploërmel peu après, y retrouve Benn, mon hôte du jour, au Thy’Roir. Le lieu est étonnant, sorte de cale renversée, recouverte d’innombrables tiroirs plus ou moins ouverts, l’ensemble donnant un curieux effet de tête-bibliothèque en chantier. Pour la vingt-septième fois depuis le 15 mai, j’y dresse mes tréteaux. Les gestes sont huilés, chaque jour l’installation se fait un peu plus rapidement. Mais chaque jour différemment aussi, pas un lieu n’a ressemblé au précédent. Le fil à linge qui part de mulette pour monter au ciel aura connu des longueurs variant entre deux et quinze mètres, certains jours la scène est si petite qu’on peut à peine circuler une fois déployé le bazar. S’adapter, se fondre, trouver chaque jour un point de départ propre à l’espace qui m’accueille. Ce soir j’ai commencé le spectacle assis au milieu d’eux, on était peu, mais l’on fut les yeux dans les yeux. Après, je reçois un cadeau radiophonique (R d’Autan toujours) : une bouteille de cidre local. L’ouvrirai-je à Ouessant face à la mer ? Mystère. Ce que je sais, c’est qu’avec la coupe triomphale offerte par les Ateliers du Vent, me voilà chargé de trois petits kilos supplémentaires. Je les emporte de bon cœur, l’horizon n’est plus très loin. Et demain, si tout va bien, je serai Aux Anges.


juin 16 2009

16 juin - Le-roy, le Sire & le Sablier

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:18


Il y a quelques années, je fis la pendule entre Paris et Rennes, donnant quelques cours de statistiques à l’Université Rennes-II. Les dits cours de statistiques mettaient en scène des populations entières de micromartiens, micromartiennes, microbébémartiens et microbébémartiennes, l’ensemble prétexte à découvrir les joies de l’écart-type, de la variance et autres moyennes pondérées. Les yeux de certains étudiants s’ouvraient comme des billes devant ces soudaines populations extraterrestres, c’est qui ce type ? J’ai musardé quelques heures aujourd’hui et retrouvé le goût particulier de cette belle ville. Un cheminement improbable m’amène chez Pierre Guédart Cycle pour une révision de la Gazelle qui débloquait du dérailleur depuis deux jours, chose assez désagréable dans la côtue Bretagne. Le cheminement improbable : tous les deux ou trois jours une journaliste de Gaillac (Radio R d’Autan) m’appelle pour prendre nouvelles de cette trajectoire. Au fait de mon dérailleur râleur, elle me mit donc en contact avec un certain monsieur Leroy, ami rennais. Que Leroy dusse aider le Sire était inévitable, celui-ci m’envoie donc chez son ancien patron, Pierre Guédart, paraît que c’est le meilleur. Le diagnostic fut rapide et le pansement non moins. Me revoilà paré pour affronter les vallons armoricains. Deux coucous successifs aux studios de Radio Canal B puis de France Bleu Armorique, avant de rallier le Sablier et d’y poser les bagages. Ce Sablier où je fis, là aussi ça remonte un peu, la première partie d’un San Severino sacrément en verve. Ce soir fut plus calme. Bruno, le patron, concocte de délicieux crabes farcis, mais j’ai pris une saucisse et trois fois du riz. Un tout petit homme m’a rejoint sur scène le temps des Tics. Ensuite j’ai fait une courte étape nocturne avec tout l’attelage pour rentrer dormir aux Ateliers du Vent. Demain, commence la grande dernière ligne droite : Ploërmel, Quelven, Carhaix, Brest, Ouessant.


juin 15 2009

15 juin - Rennes, arrivée en fanfare!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:55

Ça y est, j’ai eu mon arrivée d’étape du Tour de France ! L’an dernier, c’était le festival l’Air du Temps à Lignières (Berry), pour un final mémorable. Cette année donc, les Ateliers du Vent, Rennes. Lorsque je me suis engagé dans la rue Alexandre Duval, j’ai reconnu ce doux bruit du mégaphone, léger crachotement dans la voix commentant les derniers mètres. Sous les applaudissements d’une vingtaine de mes semblables je coupe la ligne d’arrivée, au pied de cette ancienne usine Amora, devenue ruche éolienne artistique (allez donc voir ici : www.lesateliersduvent.org). Deux jeunes femmes pimpantes, déguisées et perruquées me remettent une coupe, un bouquet, le maillot jaune (sur lequel on peut lire ces trois lignes farceuses : « aux Ateliers du vent / le 15 juin 2009 / Sire est jaune »). On fait péter une bouteille de cidre, je le bois à la coupe, soleil. Oui, mes semblables, car j’ai immédiatement perçu le doux parfum du jeu. Ils aiment jouer, j’aime jouer, alors ensemble, on joue. Dans l’immense dédale de cet espace industriel, a été aménagé un petit théâtre de poche. J’y pose ma monture, mes chansons, mon voyage. Et Bidule. Bidule est ici connu, de petits panneaux blancs guident à bon port les pas des spectateurs, avec écrit dessus : « Bidule, par ici ! Sire, c’est par là ! etc… » L’ensemble jouxte la voie ferrée, une demi-douzaine de trains ponctuent le spectacle, quelques bruits et commentaires enfantins aussi (une bambine me prête même son doudou le temps de trois chansons, ce qui n’est pas rien, un doudou). Un pareil accueil ne peut que fleurir l’imaginaire. On passe une heure et demie vraiment heureuse. Et je repense à l’entremetteur de cette rencontre, Pierre Payan, musicien pluriel, rencontré l’an dernier à Albi sur un hommage à Boby Lapointe. Merci Pierrot. Aux Ateliers du Vent également je prends rendez-vous pour un espace-temps à venir. On a fini par manger des spaghettis, je ne les compte plus, en s’échangeant quelques poètes à lire. Demain, je reste rennais, j’irai voir comment coule le temps au Sablier.


juin 14 2009

14 juin - 1000 Kms Fougères!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:50

Il y a quatre dimanches, Strasbourg me soufflait dans le dos au Jardin des Deux Rives. Me voilà à Fougères, mille kilomètres plus loin. Ce nombre à quatre chiffres a été franchi au moment où la Mayenne (53) se regarde dans le miroir et devient l’Ille et Vilaine (35). Ceci s’est produit quelque part entre Larchamp et la Chapelle Janson. Depuis une bonne quinzaine de jours les coquelicots se multiplient sur les talus. Certains, tempérament sauvage, pointent isolés au milieu des blés, qui de vert deviennent jaunes au fur et à mesure des kilomètres et des jours. Bref, les coquelicots. Je ne m’en lasse. Ici à Fougères, le café-concert en porte le doux nom. Comme la chanson et le mystère dont elle parle. Du coup je l’ai chantée ce soir sous mon poisson-parapluie. Patrick, capitaine de cette fleur chantante, chantait aussi du haut de son comptoir. Après le spectacle, quelques mollets sont titillés, alors je donne rendez-vous demain matin à 9 H 30, normalement j’aurai un escorte. Et à l’autre bout, un comité d’accueil. Alain, aux Ateliers du Vent (Rennes), m’a ingénument mais instamment demandé de l’appeler une heure avant de pointer le bout de ma Gazelle. Affaire à suivre.


juin 11 2009

Le 11 juin - La BarAque, maison-poème

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:45

« Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ». C’est ainsi que Jacques Prévert nous cueille et nous accueille à l’orée de la BarAque. La BarAque c’est un espace-temps, un petit univers, une histoire. Un Phénix. Pour les curieux, on humera quelques parfums ici : www.theatrebuissonnier.org. Mon petit cirque ambulant y trouve un grand frère, géant. Conçue et construite de toute pièce par la compagnie du théâtre buissonnier, la BarAque est aussi le résultat de ce qu’ils appellent ici la Belle Equipe : dizaines de petites mains, petites mains de quelques heures ou de longues semaines. « Les autres c’est ça la vie » raconte Bidule, la BarAque le dit d’elle même. On aimerait rester ici, faire halte. Oasis. Je reviendrai. Il y a quelques jours, elle était au château de Maintenon. Rose, Gilles et Simon m’avaient prévenu : on n’est pas sûr qu’elle sera remontée pour ton arrivée. Mais ils ont cravaché, démonter, monter, visser, accrocher, transporter ! Et la BarAque est là, boisée, chaleureuse, prête. Pour le spectacle, elle est pleine à craquer, avec encore une ribambelle d’enfants, les gens sont venus en famille pour fêter le retour de ce grand beau lieu populaire. Un régal. Qui se poursuit en petit festin dans l’espace cabaret, sous l’heureuse bannière déjà citée de Jacques Prévert. La BarAque est une maison-poème. Et je reviendrai. Merci.


« Articles plus anciens