juin 13 2009

13 juin - Le Beaurivage

Tag: la vidéo/pensée du jourDavid Sire à 23:50

A Moulay, au Sud de Mayenne, le long de la même rivière, l’hôtel restaurant Beaurivage porte bien son nom. Ce soir, relâche, je troque l’attelage et les chansons pour une sole meunière, une demie bouteille de Sancerre et le fil de l’eau. La journée fut encore assez côtue (mot inventé, oui, mais joli, non ? sonore contraction de côte dodue) et chaude. Faute d’itinéraire adéquat, moi qui ne prends d’habitude que de la blanche, j’ai commis une infidélité avec une route jaune suivie quasiment toute la journée. Calme Mayenne aux odeurs rurales, calme moyenne au compteur et aux pédales. C’est agréable aussi de pédaler en sachant qu’il n’y a pas de deuxième journée au bout de l’étape. Différent. Arrivé à mon Beaurivage, j’ai très vite sympathisé avec un carré de retraités, férus de Ferré, ayant vu Boby Lapointe en « vedette américaine » (Boby américain ?) de Brassens, on échange une bière et quelques chansons, je leur parle de cette trajectoire qui touchera mer dans quelques jours. Après le Sancerre, j’ai fait plouf dans la nuit, sans demander mon reste. Demain, c’est l’entrée en Bretagne.


juin 11 2009

L’oeil de la BarAque!

Tag: Pris sur le faitDavid Sire à 23:58

Photos cadeaux (c) Patrick DESBOIS


juin 11 2009

Le 11 juin - La BarAque, maison-poème

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:45

« Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ». C’est ainsi que Jacques Prévert nous cueille et nous accueille à l’orée de la BarAque. La BarAque c’est un espace-temps, un petit univers, une histoire. Un Phénix. Pour les curieux, on humera quelques parfums ici : www.theatrebuissonnier.org. Mon petit cirque ambulant y trouve un grand frère, géant. Conçue et construite de toute pièce par la compagnie du théâtre buissonnier, la BarAque est aussi le résultat de ce qu’ils appellent ici la Belle Equipe : dizaines de petites mains, petites mains de quelques heures ou de longues semaines. « Les autres c’est ça la vie » raconte Bidule, la BarAque le dit d’elle même. On aimerait rester ici, faire halte. Oasis. Je reviendrai. Il y a quelques jours, elle était au château de Maintenon. Rose, Gilles et Simon m’avaient prévenu : on n’est pas sûr qu’elle sera remontée pour ton arrivée. Mais ils ont cravaché, démonter, monter, visser, accrocher, transporter ! Et la BarAque est là, boisée, chaleureuse, prête. Pour le spectacle, elle est pleine à craquer, avec encore une ribambelle d’enfants, les gens sont venus en famille pour fêter le retour de ce grand beau lieu populaire. Un régal. Qui se poursuit en petit festin dans l’espace cabaret, sous l’heureuse bannière déjà citée de Jacques Prévert. La BarAque est une maison-poème. Et je reviendrai. Merci.


juin 11 2009

Courrier de Bidule - Petits dessins de grands artistes

Tag: Missive du jourDavid Sire à 13:20


juin 10 2009

Le 10 juin Mainvilliers

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:48


Il y a des voix qui intriguent et dont on se demande le visage. Dominique François est de ceux-là, depuis plusieurs mois que nous échangeons par téléphone pour ourdir une belle étape à Mainvilliers. Lui, c’est finalement une sorte de cuisinier culturel, un cuistot de l’humain, et le repas concocté me fera oublier toutes les gouttes qui ont chanté un incessant plic-ploc aujourd’hui. A une quinzaine de kilomètres de l’arrivée donc, j’ai rendez-vous, place de l’église de Jouy, avec les juniors du cycloclub de Mainvilliers, fameux dans la région. Une quinzaine de benjamins m’escortent ainsi, pour certains c’est même la première sortie sur route, ils sont excités, se lancent dans des sprints de bonifications à l’entrée de chaque village, ils appellent ça le jeu des panneaux. Ils ont fini par me semer, ma mulette allant l’allure que l’on sait. Mais petit pied de nez, une erreur de trajectoire les conduira après moi à l’arrivée d’étape, salle de la Vaillante. Je conserve donc mon maillot jaune. A l’arrivée donc, petit goûter – ils ne se font pas prier, razzia sur les gâteaux -, au son d’une musette locale (club d’anciens venus taquiner le parquet hebdomadaire). Je plante mon décor, au milieu de tulles blancs, ce soir je partage la scène avec une pièce de théâtre qui jouera après mes bidules. A nouveau beaucoup d’enfants. Le début du spectacle en voit un jouer les petits trublions, je dégaine mon rouleau de gaffeur et le menace du châtiment suprême, mais c’est l’intervention maternelle qui aura un réel effet. Malgré la hauteur d’où j’officie (la scène culmine à un mètre cinquante, configuration d’anciennes salles des fêtes), la jonction des sourires se fait vite et l’intimité fait le reste. Ce soir je sentais bien mes jambes tout en claquant mes onomatopées, faut dire qu’en plus de la pluie, le vent de face, soutenu, est entré dans la danse. Le vif du sujet. Avec mon hôte-cuisinier au regard si vif, on a englouti un kilo de tagliatelles dans les coulisses, en devisant sur des qu’on aime bien, Loïc Lantoine y a eu bonne part. Couché ivre de fatigue, je rêve déjà à ce qui m’attend demain : la grande, mystérieuse et intrigante BarAque, à Nogent-le-Rotrou.


juin 09 2009

9 juin - Paris, Trappes & surprises!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00

Paris-Trappes. Trente-trois kilomètres en forme de slalom bruyant et humide dans les méandres de l’urbain. La côte de Meudon – que je ne connaissais pas – je m’en souviendrai. A Versailles, je frôle le château et d’hilares japonais que je salue, pouët-pouët, les voilà encore plus hilares. De Versailles à Trappes, je dégote une piste cyclable salvatrice, mais pas vraiment bucolique, elle longe la D10 devenant vite la N10, ça déboule. A peine arrivé au Grenier à Sel où je jouerai ce soir, j’abandonne mon cirque ambulant, et avec juste une guitare je pars rencontrer trois classes de primaire à la médiathèque. Je ne m’attendais pas à ce qui allait suivre. C’est un moment précieux que je garderai longtemps intact. La quarantaine d’enfants (8-10 ans) est plus qu’au fait de ce périple. Car mon voyage a été prétexte à des séances de géographie, de français, de musique. Et les voilà qui entonne avec moi, sans coup férir, l’intégralité du « Bouchon », dont on ne peut pas dire que le texte soit des plus simples… Une quinzaine d’autres me font une version intégrale de « Dans la Lune », on improvise un petit spectacle. Les questions fusent, j’en cueille un bouquet d’une petite centaine, ça n’arrête pas. On me demande ainsi ce que je fais de ma famille pendant ce temps là, pourquoi j’ai quelques tâches blanches dans ma barbe, pourquoi j’ai choisi de faire cette tournée à vélo, pourquoi il y a des gros mots dans mes chansons, comment je me lave et si même je me lave. On rit. Je leur parle, aussi justement que possible, de cette liberté que je cherche, que j’espère, que je mouline en la cheminant. Ce fut un échange fabuleux. Je repars avec une vingtaine de dessins librement inspirés de ce voyage. Leur imaginaire me désarçonne. Le soir j’en ai accroché quelques-uns sur mon fil à linge, au Grenier à Sel. Me voilà bien réchauffé pour quelques jours.


juin 07 2009

7 juin - L’Européen!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 20:30

19ème étape à l’Européen. Il y a quatre ans, on y avait installé durant une semaine la bicoque de Drôle de Sire, j’en garde un beau souvenir. Aujourd’hui, c’est en solo et à vélo que je reviens. L’Est est déjà derrière, Paris le sera demain, l’Ouest reste à faire. Les vents contraires vont sans doute se renforcer, et moi m’obstiner en démultipliant autant qu’il le faudra. L’an dernier, c’est du hall de l’Européen qu’était partie la première vadrouille, Paris-Sète à bicyclette. J’étais dans un état second d’inquiétude et d’excitation, tout était à découvrir. Aujourd’hui, je suis plus serein, c’est vrai. Un peu de temps, pas mal de kilomètres et beaucoup de rencontres ont passé depuis l’an dernier. J’ai retrouvé du sens à mon travail. Du goût. De l’imaginaire. Et dans ce grand chaudron rougeoyant qu’est l’Européen, je gonfle un nouveau Bidule, je raconte un Géant, je pousse le Bouchon, déploie mon poisson-parapluie, mon alambic et mes horizons.  Mardi, je reprends la route. Après huit jours intra muros je me trouve ave de fourmillantes fourmis dans les jambes, et dans la tête. Je demande à tous de me souffler dans le dos, et l’on partage un Ours à voix réunies. “Moi je suis juste un ours, je vais à mon allure, le nez dans la grande ourse qui me sert de galure”.


juin 06 2009

6 juin - Fête du vélo!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 19:13

À la Fête du Vélo, place des Invalides, j’ai fait une courte et frigorifique apparition. Paris refroidie s’humidifie depuis deux jours. Partenaire de cette trajectoire est-ouest, le comité de promotion du vélo m’a invité pour une coïncidence qui ma foi, tombait bien. Au village de la fête du vélo, on croise tout un tas d’objets roulants aux formes incongrues, des vélos customisés, des vélos requins, des vélos géants et des vélos nains. Sur un petit podium, j’ai dressé gazelle et mulette, donné quelques chansons, chanté aux Invalides, comme Johnny et quelques autres, poète en vélo de fonction vous dis-je !

http://www.feteduvelo.fr/


juin 05 2009

5 juin - ZicZinc!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:12

Ce vendredi était le Ziczinc avec, toujours : le chien du lieu, impassible lécheur de ukulélés ; l’Antoine, prunelle chevelue et patron fidèle de ce navire-chavire ; les figures généreuses des habitués pour qui cet ici est un peu un ailleurs. Deuxième maison. On a commencé à peu et fini à plein. Mes chers tandémistes d’il y a quinze jours me font la surprise d’une nouvelle apparition. On clôture ainsi cette troisième semaine sur la route de Ouessant. Après le spectacle, pour sortir l’attelage d’un Ziczinc devenu plein, il a fallu évacuer le comptoir, bref tout ce petit monde me chantonne que ce n’est qu’un au revoir, évidemment, et sur le trottoir de la rue Saint Maur, accolade générale à défaut de tournée, je klaxonne un dernier coup, poète en vélo de fonction nocturne, et plonge vers la suite.


juin 05 2009

4 juin - Paris-chapelet!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 18:30

Trois baudets, Limonaire, Pères Populaires. Ce soir Zic zinc. J’égrène mon petit chapelet parisien. Dans la rue, les regards ne sont pas les mêmes qu’à Marmesse, Vaucourt ou Auxon. Ici, un type avec un vélo bariolé et une carriole immatriculée « Ma mulette », on regarde ça d’un œil un peu louche, condescendant parfois, un brin moqueur, rarement amusé ou immédiatement sympathique, sauf Boulevard de Belleville où quelques uns me demandent s’il est possible de faire un tour de carriole. Paris laisse peu de temps et d’espace, ça grouille, ça urge et on se demande pourquoi. Les étapes sont courtes, cette semaine plafonnera à soixante kilomètres en tout et pour tout, et s’il n’y a pas le vent de face, il y a ces yeux parfois contraires, c’est un peu pareil. Et pareil, je persiste, et résiste, allez zou, mouvement contre fermeture. Chaque halte est une oasis. Le Limonaire a encore une fois tenu ses promesses, j’espère qu’un lieu comme celui-là ne cessera pas, qu’on le fera durer, jusqu’à l’horizon. Aux Pères populaires, j’avais un peu peur. Grand lieu, grand bar, tout en longueur, bruissant, bruyant. Sur la scène de fortune, j’ai monté l’attelage, raconté mon histoire, rassemblé quelques uns, tenu bon en entier et jusqu’au bout. Ça faisait longtemps que je n’avais joué dans pareil bistro. Mais la rencontre a eu lieu, et même sacrément. J’ai même été surpris de ce qui est sorti de moi hier soir. Homo adaptabilis. Au pied de la scène, on a ensuite bu et devisé quelques bières avec une joyeuse équipe bien au fait des années Drôle de Sire, ça chantait Fripouille et Poulie Chinoise à tue-tête. Après, j’ai rallié ma bicoque nocturnement, Paris à minuit c’est bien plus doux qu’à la sortie des bureaux. En laissant couler l’avenue de la République, j’ai pensé à la diversité de cette tournée. Salles des fêtes, festivals, foyer rural, église, bar, Européen, vingt projecteurs, pas de projecteurs, nature florissante, ville saturée, symphonie d’oiseaux, symphonie d’autos, solitude, rencontres par centaines, beau temps, mauvais temps, plat, vallonné. Et j’ai pensé que tout ça ressemblait étrangement à la vie.


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